Aujourd’hui, Quynh Claude se définit comme une sculptrice de l’espace et du temps, cherchant à révéler l’épaisseur de la gravité. Elle explore l’abstraction et l’attraction de la poésie, par la cinétique de l’objet et l’engagement du corps.
Son parcours commence en 2007 au Lycée Expérimental de Saint-Nazaire, où elle découvre une approche pédagogique dans laquelle la création devient un véritable outil d’apprentissage. Cette expérience fondatrice l’ancre dans une réflexion artistique profonde, qui irrigue encore aujourd’hui son travail.
Elle se forme ensuite dans plusieurs écoles de cirque (Passe-Muraille, Balthazar, l’ENACR et le CNAC), tout en étant transformée par des figures marquantes telles que Mathurin Bolze et Francesca Lattuada. Le fil de fer devient son agrès de prédilection. Elle commence alors à questionner et à réinventer sa pratique, guidée par une nécessité de sens et de transformation.
En 2011, elle imagine un double fil de fer rotatif, développé au CNAC avec le soutien de la SACD. Cet agrès cinétique marque le début d’un travail plastique et acrobatique autour des forces invisibles, du mouvement et de l’espace.
En 2015, elle cofonde la Cie La Migration avec Marion Even. Ensemble, elles créent des œuvres comme LANDSCAPE(s)#1 et LIEUX DITS, et sont lauréates de CircusNext ainsi que du dispositif Jeunes Talents Côte-d’Or.
En 2022, elle crée avec Mathéo Even, Solitude·s, une forme courte sur un nouvel agrès cinétique : le balancier, une pyramide quadrangulaire tournoyante. Dans cette œuvre, elle interroge notre rapport au sauvage.
Sa prochaine création, Par-delà l’horizon, est une pièce chorégraphique et musicale à 360°, conçue sur une éolienne sculpturale de 7 mètres de haut. Inspirée par le théâtre brut de Peter Brook, cette œuvre poétique explore nos polarités intérieures et invite à l’apaisement dans un univers sensible et mystérieux.
Quynh arpente ce que Johann LeGuillerm nomme “l’espace des points de vue”, elle est convaincue que la convergence de regards singuliers sur une même chose crée l’œuvre et non l'inverse.
Elle ne se considère plus comme une créatrice, mais comme une passeuse : elle tisse des liens entre les éléments qui l’ont façonnée, qu’ils relèvent de l’inconscient ou de ses choix conscients.
Elle se sent profondément portée par les démarches de Chloé Moglia et Min Tanaka, dans leur engagement du corps, du vide, du geste essentiel. D'une certaine façon, ces personnes guident sont travail actuel.
Alors elle explore. Chaque geste, chaque intention est à la fois tentative, réussite et échec. C’est dans cette tension vivante qu’elle œuvre.
Quynh Claude
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