Medusa : Carnet de bord de création

Ici, étapes par étapes, je vous raconte la création du spectacle Medusa.

Résidence de travail #2

juin 2026

CLEA-cie Cipango, Toulon-sur-Arroux

Le fil autonome construit par Franck Breuil, constructeur d’agrès basé à Toulouse, fait son entrée !

Cette résidence commence par le premier montage de ce fil autonome ! C’est la première fois que je vois la structure et que Julia évolue dessus. Cela change l’aspect scénographique mais permet aussi de donner un cadre clair quand au évolutions possibles de Julia sur le fil.
Nous sommes de nouveau en extérieur pour cette résidence, mais c’est la dernière de ce type puisqu’à partir de maintenant, nous travaillerons en intérieur. Nous profitons de ce que l’extérieur peut nous amener, en terme de lumière et de rencontre.

Je continue à créer de la matière au plateau en lien avec la dramaturgie. L’aspect clownesque est plus assumé et un nouvel élément intervient désormais : l’argile. C’est avec cette matière que l’aspect marionnetique est en jeu, vecteur de prise de parole de Méduse.
Nous continuons d’explorer le son, en lien avec le plateau, grâce aux propositions de Mathéo.
Nappes électros, orages et sons d’oiseaux nous accompagnent.


Rencontre avec Lou Broquin / cie CREATURE

janvier 2026

Atelier CREATURE

Ce mois-ci, je rencontre Lou Broquin, marionnettiste et metteuse de la cie CREATURE.

Je la rencontre dans les ateliers de CREATURE, sorte de caverne d’Ali Baba ou tissus, plâtres, têtes de mannequins, outils et accessoires se côtoient. A travers son travail, je découvre sa sensibilité et son esthétisme. Les propos de nos créations se rejoignent et je suis heureuse d’échanger sur nos métiers et nos façons de le faire.

Nous discutons pendant deux jours des possibles et de son intervention dans Medusa. Lou m’accompagnera dans la dramaturgie de Medusa, et portera un regard attentif à la manipulation de la matière.


Tournage d'un mini-documentaire

septembre 2025

Nous tournons un petit reportage pour donner à voir des images à nos partenaires, et permettre d’approfondir la production de cette création. Comme pour chacune de nos vidéos, le soin apporté aux images et au contenu nous importe. Ce petit documentaire permet aussi de mettre en lumière nos processus de création.
Anne-Marie Sangla est à nouveau aux commandes de la réalisation.


Résidence de travail #1

mai 2025

Le Silo – Tiers lieu culturel à Méréville et les Scènes du Jura – Scène Nationale

Cette résidence permet d’intégrer Mathéo Even, musicien, au processus de création.

Après un premier labo, et des temps de lectures et de réflexion personnel, il s’agit de rentrer pleinement dans la matière. C’est donc la première résidence d’écriture au plateau.

Finalement, nous descendons le fil à 2m30, ce qui laisse Julia l’aisance de pouvoir jouer sur le fil en sécurité. Cela nous laisse quand même une belle hauteur et donne des possibles en terme de suspension.

Le résultat de ces toutes premières recherches seront présentées à l’évènement Comme un bol d’air, mené par les Scène du Jura, fin mai 2025 à Morez.


Labo de recherche #2

décembre 2024

Sur Terre – Lieu culturel, Vosges

Pour cette résidence d’écriture, je me plonge dans le livre Noir, histoire d’une couleur de Michel Pastoureau. Il m’apparaît évident que la couleur de Medusa est le noir, couleur que nous travaillerons avec Clémentine Monsaingeon pour les costumes et pour la scénographie.

Cela m’a ouvert plusieurs pistes scénographiques concernant le fil lui-même : partons-nous avec un fil à ancrage ou une structure autonome ? [voir images 4]

Le noir me ramène à l’obscurité de la grotte de Méduse, à sa monstruosité. Comment trouver de la luminosité dans ce noir ? C’est ce que soulève Michel Pastoureau dans son ouvrage : le noir est à la fois la couleur du deuil, du diable et de l’enfer, comme il a pu être celle de la fertilité, de la sagesse, de la sobriété.
Je pense à Pierre Soulages et à ses noirs, sombres et lumineux. Je me penche aussi sur le travail de Jeanne Vicérial, et ses robes sculptées et tressées dans du fil noir, qui me ramène aux cheveux de Méduse, au travail du fil et du tissage que je souhaite développer dans cette création. Je me plonge aussi dans les œuvres de Simone Pheulpin, plasticienne qui ne travaille qu’avec des bandes de tissus pliées, et qui crée des sculptures très minérales, ce qui me renvoie à l’aspect rocheux, donc minéral, du lieu de vie de Méduse. [voir images 5]


Labo de recherche #1

septembre 2024

Atelier du milieu, Haute-Marne

Une première résidence pour lancer le processus de création autour de marches solitaires à l’aube, pour défricher le mythe de Méduse et le propos de cette création à travers une bibliothèque itinérante, et pour voir si un fil de trois mètres de hauteur nous convient !

Chaque matin, de 6h à 8h, nous avons traversé l’aube dans la forêt, à travers des marches solitaires. Ce processus de création, que je mène maintenant depuis dix ans, me permet d’accumuler une matière corporelle et ressentie, de façon à expérimenter le paysage de manière brute.
Marcher seule dans la nuit, puisque le lever du soleil commence vers 7h à cette période de l’année, est très particulier. C’est ce que nous avons expérimenté, Julia et moi : sommes-nous réellement à nos places en marchant seules dans le noir ? Pourquoi et de quoi avons-nous peur ? Nous avons retranscrit nos marches et sensations par écrit, entrant un peu plus chaque jour dans nos corps, nos ressentis, nos pensées. [voir image]
Parallèlement, nous avons écouté toute une série de podcast autour du viol et des violences faites aux femmes, puisque c’est le point de départ de l’histoire de Méduse. Sur le fil, nous avons essayé différentes drisses, plus ou moins fines, pour à la fois illustrer la chevelure de Méduse, et proposer un moyen suspensif. Accroché au fil, nous avons testé différentes façons d’allier fil et drisse. [voir images 2]
J’ai aussi proposé de travailler la piste du cri silencieux : quels cris nous traversent ? Comment le signifier corporellement ? Vers quoi cela tend ? [voir images 3]